Le Mot du Père Curé

Dans un document qui se présente comme un appel à la réflexion, nos Évêques constatent que la crise dite des « gilets jaunes », est révélatrice d’un malaise profond et ancien : « Il faudrait être sourds pour ne pas entendre les profonds désirs de changements qui habitent une part importante des habitants de notre pays. Il faudrait être indifférents pour ne pas être touchés par les situations de précarité et d’exclusion que vivent beaucoup sur le territoire national ». Afin de pouvoir participer à cette réflexion nationale souhaitée par le gouvernement, il serait bon que les chrétiens s’approprient les grands objectifs – la destination universelle des biens et le bien commun – ainsi que les grands principes de la doctrine sociale de l’Église – la subsidiarité, la solidarité et la participation – qui sont au cœur des débats contemporains. Que ces termes ne nous effraient pas : ils ont un contenu tout à fait abordable que nous essaierons d’expliciter dans les prochains bulletins. Commençons par le présupposé fondamental de la doctrine sociale :

La dignité de la personne humaine

Cette dignité s’enracine dans le dessein de Dieu, qui nous a créés « à son image et selon sa ressemblance » (Gn 1,26), et qui nous destine à devenir « participants de la nature divine » (2 P 1,4). La personne ne peut dès lors jamais être réduite à un objet, puisqu’elle est appelée à trouver son accomplissement dans sa relation à Dieu et aux autres, auxquels elle tend à s’unir par les liens de la charité. En raison de cette dignité d’origine divine, la vie de la personne doit être respectée dès son commencement jusqu’à son terme. Pour respecter cette dignité, la doctrine sociale de l’Église propose deux objectifs : « la destination universelle des biens » et « la promotion du bien commun », qui devraient structurer la société civile.

La destination universelle des biens

La destination universelle des biens est explicitée comme suit par le Concile : « Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon la règle de la justice, inséparable de la charité » (Gaudium et Spes III,69). Ce principe constitue un droit naturel, inscrit dans la nature de l’homme. Ce droit possède une valeur normative et morale, et est prioritaire par rapport à toute intervention humaine sur les biens. Par conséquence il a priorité sur le droit de propriété, qui ne peut valoir que dans la mesure où le principe de la destination universelle des biens est respecté.

Un Enfant nous est né

Un Enfant nous est né..

Et le monde en fut changé!

 

              Toute naissance est un tel événement qu’elle bouleverse la vie, transforme     le coeur, le regard tant sur le présent que sur l’avenir. Rien ne peut être comme avant… Tous parents ressentent ce moment exceptionnel qui s’imprime à jamais          dans leur vie.

          Dieu, lui-même, a tellement aimé le monde qu’Il est venu dans la fragilité d’un        Enfant, pour que le monde suspende sa course, prenne le temps de         l’émerveillement, trouve la place à faire à la joie,  la douceur, la paix; la paix    dans le monde pour laquelle nous prierons le 1er janvier avec Marie, Mère de       Dieu.

                    Ainsi, sommes-nous invités à commencer la nouvelle année sur des     sentiers balisés par l’Evangile, source d’amour, de justice, d’unité. Notre cadeau     de naissance à Dieu ne serait-ce pas d’allumer des étoiles d’amour dans nos yeux           pour lui rendre grâce, regarder  » à sa manière  » tous ceux qui nous entourent           ou que nous rencontrons ? Ne serait-ce pas  d’être des enfants de lumière qui illumineront  chaque jour cette nouvelle année et témoigneront de la joie d’être        les enfants d’un même Père ?

  » Dieu s’est fait petit

    pour que l’homme devienne grand »

     Tertullien ( 160-220 ).

 

          Bonne et Sainte Année !

Le Mot du Père Curé

Avant l’entrée en vigueur du calendrier Julien, en 46 avant JC, décembre était le dixième mois de l’année, d’où l’origine de son nom. Dans l’hémisphère nord, c’est au mois de décembre que l’automne se termine, avec le solstice d’hiver, situé entre le 20 et le 23 décembre. Les journées sont courtes, le ciel est le plus souvent voilé, la pluie et le froid n’invitent pas à sortir. Aussi est-ce un temps privilégié pour resserrer les liens familiaux autour de la cheminée. La fête de Noël toute proche ajoute incontestablement une onction toute particulière, à laquelle même les non-croyants demeurent sensibles.

« Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1,14) au sein d’une famille, comme pour rappeler dès les premiers instants de son Incarnation, le but de sa venue : « rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11,52). Dans une des audiences du mercredi (29.V.13), le pape François nous rappelait : « Le terme “Église” vient du grec “ekklesia”, qui signifie “convocation” : Dieu nous convoque, nous pousse à sortir de notre individualisme, de notre tendance à nous renfermer sur nous-mêmes et nous appelle à faire partie de sa famille. L’Église est la grande famille des enfants de Dieu ».

Une famille qui aime à se rencontrer pour se nourrir ensemble de la Parole et du Corps de son Seigneur, non seulement dans son clocher local, mais aussi plus largement, en communauté paroissiale. Chaque fois que nous avons vécu de tels rassemblements, nous en sommes sortis édifiés et fortifiés dans l’Esprit. C’est pourquoi nous allons vous proposer en cours d’année plusieurs rassemblements paroissiaux dans différents clochers. La première de ces célébrations communautaires sera celle de l’entrée en Avent, le samedi 1er décembre à Saint Gervais ; puis bien sûr celle de la veillée de Noël. Pour favoriser la venue du plus grand nombre et encourager les hésitants, il y aura moins de messes ces jours-là, comme vous pouvez le constater sur la grille. Célébrer communautairement l’entrée en Avent, signifie que nous nous mettons tous ensemble en marche, non seulement vers l’Enfant de la crèche, mais aussi vers « Celui qui est, qui était et qui vient » (Ap 1,4) pour instaurer définitivement son Règne de Justice, de Paix et d’Amour.

Puisse cet Avent être pour nous un temps de vigilance intérieure, de renouvellement dans la vertu d’espérance, et un temps d’attention les uns aux autres, dans une conscience renouvelée que nous faisons tous partie du grand Corps Ecclésial, dont l’Enfant de la crèche est la Tête.

Quelle authenticité ?

Etre authentique, n’est-ce pas là un qualificatif délicat à revêtir ?…en toute bonne foi !

                    Comme un faux dans une oeuvre d’art, qui se pare de tous les attraits de       l’authenticité, ne sommes-nous pas à la merci du piège qui, sous certaines        apparences, nous  détourne du vrai ? et tous nos comportements, attitudes,           peuvent s’en trouver altérés, bousculés, remis en cause : cela va du simple   bonjour échangé, de la compassion éprouvée dans nos rencontres, jusqu’au   coeur de notre vie personnelle.

           » L’authenticité, cela ne se décrète pas, il faut la rechercher et accepter pour cela          de se laisser conduire par l’Esprit »( Dominique Pierre, les cahiers Prions en Eglise ).

            Avec l’Esprit c’est là que nous pouvons être surpris, car c’est là où on ne     L’attend pas toujours, nous menant à autre chose que notre propre volonté !

                     » Pourtant, non pas comme je veux, mais comme tu veux » dit Jésus à son       Père ( Mt 26, 39 ) pour être totalement authentique.

          Quelles répercussions dans notre perception du vrai …dans nos relations tant     avec Dieu qu’avec nos frères !

           » Aux hommes c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible » ( Mt 19,26 ).

          C’est ainsi que Dieu nous tend la main pour nous accompagner dans le Temps de l’Avent sur les traces de Jean-Baptiste qui, dépouillé de tout artifice, ouvre le       chemin du Seigneur. C’est aussi, à l’exemple de Marie et Joseph, savoir           renoncer à des projets pour faire la volonté de Dieu.

          C’est encore et encore s’étonner de l’humilité infinie de Dieu qui s’annonce          dans  » un simple rameau sortant de la souche de Jessé, un rejeton jaillissant de        ses racines » (Is 11,1 ), et qui  nait dans le dénuement le plus total.

          L’authenticité de notre Dieu réside dans sa proximité avec les plus petits, les   pauvres, les coeurs purs. Il n’a que faire de la puissance, du pouvoir, de la       richesse :

                    – Sa richesse ?  c’est nous !

                    – Sa puissance ? c’est Son amour !

                    – Son ambition ? venir faire Sa demeure chez nous !

          Au moment de célébrer la Nativité, serons-nous prêts à être les hôtes tant désirés           de Dieu ? à être les témoins authentiques de Son message d’amour ?

 » Venez aimer un Dieu

fait enfant, devenu pauvre pour vous,

descendu du ciel

pour se donner tout à nous »

( St Alphonse-Marie de Liguori ).

          Viens, Seigneur Jésus !

Joyeux Noël !