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Texte Michelle camus

Promenade automnale !

Cette invitation , assez originale, ne peut faire que du bien, puisqu’elle nous invite à sortir de notre engourdissement, pour aller voir plus loin, plus large, plus haut ! C’est une promenade qui fait fi de la météo et nous conduit, clopin-clopant ( peut-être ! ) au jardin des Pères de l’Eglise. ( 1er Siècle à 604 ).

Et qui allons-nous croiser dans ce jardin extraordinaire?… des pionniers, des audacieux, des courageux ( temps des persécutions ), des sages, des Pierres vivantes de l’Eglise. Ils ont annoncé Jésus, Fils de Dieu,aux hommes de leur temps et souvent, non seulement au péril de leur vie, mais face à de nombreuses contestations : «  lis très souvent les Ecritures ou plutôt que jamais tes mains n’abandonnent le texte sacré. Attache-toi à la Parole de la foi » ( St Jérome 347-419 ) qui insiste , en écrivant : « Ignorer les Ecritures, c’est ignorer le Christ ».

Dès le début de l’Eglise, les Pères ont travaillé à l’unité des communautés entre elles et c’est ainsi que Clément de Rome ( mort en 97 ) écrit aux Corinthiens, pour apaiser un conflit causé par des contestataires : « eh bien donc, frères , soyons humbles de cœur, déposons les sentiments de jactance, de vanité, de fol orgueil, de colère ». Il invite à oublier les rancunes,dans la charité et dans la paix. La paix, sans laquelle toute relation s’avère impossible ; Jésus ne s’annonce-t-il pas en disant : «  la paix soit avec vous ? ». Notre liturgie n’est-elle pas ce rappel dans tout son déroulement ? Théodore de Mopsueste (350-428), camarade de classe de Jean Chrysostome, spécialiste de liturgie syrienne, connu pour ses homélies sur le Credo, le Notre Père, n’hésite pas à écrire : « le baiser de paix manifeste que nous soyons devenus l’unique corps de notre Seigneur et, en conséquece, il doit régner entre nous l’harmonie qu’il y a entre les membres d’un corps. Nous devons désormais nous aimer, nous soutenir et nous aider les uns les autres… le baiser de paix n’est donc pas seulement une profession de charité, il nous incite aussi à liquider toute inimitié contre l’un de nos frères dans la foi » ( 1ère homélie sur l’Eucharistie ).

En 150 avec Justin , pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise, nous avons la description du déroulement de la messe, que Vatican ll reprendra dans sa réforme liturgique en 1967.

Tous les Pères de l’âge d’or ( lV – V siècles ) verront dans la finalité du Repas du Seigneur un appel à la fraternité et à l’attention à porter envers les pauvres : «  Tu veux honorer le Corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu’Il est nu ; ne l’honore pas ici, dans l’église, par des tissus de soie, tandis que tu Le laisses dehors souffrir de froid et du manque de vêtements. Commence par rassasier l’affamé et avec ce qu’il restera, tu honoreras son autel ». ( St Jean Chrysostome, dit « Bouche d’or » -344-407 ).

Que de monde dans ce jardin où se croisent encore tant de Pères dans la foi, qui nous ont tracé un chemin à la rencontre du Seigneur….

Cueillons les fleurs de la foi, de la charité et de la paix qu’ils ont semées pour qu’à notre tour, nous soyons témoins de ce que nous avons reçu.

«  Ce que tu donnes trace une voie

te menant plus loin que tes pas »

( François Cheng, académicien )

Sources : «  Promenade au jardin

des Pères de l’Eglise » M.Camus (10/2019 )

( de B.Lorenzato et D.Lety )