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«  J’ai descendu dans mon jardin… »

Comptine qui rapellera, sans doute, à beaucoup, leurs très jeunes années

et ces jours-ci, les travaux de jardinage avec le retour du printemps.

Après l’aridité du désert de notre Carême qui nous a confrontés à nos questionnements, nos faim et nos soif spirituelles, sans oublier nos « sécheresses » de cœur, une conversion utile devrait nous pousser à transformer nos friches en jardin d’abondance et de beauté.

Pourquoi ne pas s’arrêter :

      • Au jardin du 3è jour de la Création ? La Parole du Père se déploie dans la luxuriance et les merveilles d’une nature confiée aux hommes « Dieu vit que cela était bon » : le Paradis !

      • Au jardin planté d’oliviers – arbres de la paix ? Que Jésus connaissait bien mais qui deviendra le jardin de la trahison, de l’abandon, de l’angoisse et de la frayeur :

        « La coupe que le Père m’a donnée

        ne la boirai-pas ? » ( Jn 18,11 )

      • Au jardin de la Résurrection ?

        « On a enlevé mon Seigneur et je ne sais où on l’a mis » (Jn 20,13 ). Celui que Marie de Magdala prenait pour le jardinier lui dit :

        «  Va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu » ( Jn 20,17 ).

Au petit matin de Pâques, la Grande nouvelle éclate :

« Christ est réssuscité ! ».

Notre jardin est-il cet espace où il fait bon se retirer, se reposer,prier ?

Cet espace où on peut retrouver les couleurs et les odeurs de la vie ?

Osons plus… et si notre cœur était ce jardin, où Dieu pourrait nous trouver , nous parler, y rencontrer nos frères, surtout les plus fragiles ?

Si ensemble nous devenions les jardiniers du Père, cultivant l’amour et le partage, la solidarité et la justice, faisant jaillir la joie et l’espérance ? Alors tous les jardins de nos cœurs feraient la joie de notre Créateur qui pourrait dire :

« Cela est très bon ! »

« Il est comme l’arbre planté

près du ruisseau

qui donne du fruit en son temps

et jamais son feuillage ne meurt » ( Ps1 ).

Alors, ensemble descendons au jardin pour nous désaltérer à La Source Immortelle et y ramasser les fruits que nos talents et conversions auront fait germer dans le terreau de nos vies.

M.Camus ( 04/2019 )

Prendre la bonne mesure…

Prendre la bonne mesure…

De quoi parlons-nous? de discipline, de politique, de règles de vie ? Parlons-nous de temps, de distance, de poids ?

– de temps ?… en rapport avec l’urgence ou, au contraire, avec la nécessité de ralentir, de discerner, de prendre le pouls d’une situation et de décider les mesures adéquates ?

– de distance ?... avec ceux qui sont loin ou proches, géographiquement ou pas, nous touchant parce qu’ils font partie de notre vie ; mais aussi, ceux qui sont aux antipodes de nos préoccupations parce que se sont installées incompréhension, ignorance, indifférence ?

– de poids ?… qu’est-ce qui a du poids dans notre vie ? que pèsent pour nous certaines valeurs qui en font le prix, l’intérêt, la saveur ?

Au moment d’aller au désert pour être au plus près de notre Dieu, ne serait-il pas judicieux d’emporter dans nos bagages toutes ces interrogations ( non exhaustives), y réfléchir, y trouver des chemins de conversion, afin d’être « en mesure » avec nos frères, dans le tempo de Dieu, et ce…sans mesure ?

 » Savoir garder la mesure est tout un art. Connaître et accepter ses possibilités et ses limites, ses forces et ses faiblesses, de telle sorte qu’elles nous gardent vivants et fassent de nous une bénédiction pour les autres » ( Anselm Grün ).

Que notre temps au désert soit fructueux, qu’il nous rapproche au plus près de la Source qui nous abreuve, fortifie notre foi et notre charité.

« La mesure d’aimer, c’est d’aimer sans mesure » ( Bernard de Clairvaux )

M.Camus ( 03/2019 )