saints_upsaint-genies

1 – Genesius est un cognonem, un surnom latin transposé du grec genesios, (qui a rapports avec la famille ou la naissance, ou l’origine) en français devenu Geniès ou Genès, en langue d’oc Ginièis.

Genesius probablement de condition servile puisqu’on ne connait que le cognomen, et qu’il exerçait une profession servile, était greffier du Tribunal d’Arles. Il était catéchumène lorsque l’empereur Decius en 250 déclencha la persécution systématique des chrétiens. Il refusa d’inscrire une sentence frappant des chrétiens dans les minutes du Tribunal, se déclarant lui-même chrétien.
Directement menacé il tenta de fuir et demander le baptême, et pour cela voulut rejoindre les chrétiens qui s’assemblaient dans l’autre partie d’Arles, au-delà du Rhône. Il voulut rejoindre l’autre rive à la nage, mais, rattrapé par les gardes il fut décapité sur la rive du faubourg.
Les chrétiens inhumèrent son corps dans le cimetière public à l’est de la ville.

2 – Le martyre de Geniès devint rapidement célèbre en Arles (qui avait connu beaucoup de défaillants, les fameux lapsi) et dans toute la province de Narbonnaise.
La date du dies natalis est traditionnellement le 25 août.
L’archéologie révèle l’importance de sa tombe dans le cimetière paléo chrétien des Alyscamps, et une église fut précocement édifiée au-dessus au centre de ce qui devint les Alyscamps.

Le premier grand poète chrétien Aurelius Clementius Prudens dit Prudence le cita dans un hymne du Livre des Couronnes, ou Péristaphanon écrit en 350 environ.

Au début du Ve siècle, l’évêque Paulin de Béziers écrivit le récit de son martyre. C’est dans la Narbonnaise et en Espagne que son culte devint  le plus célèbre et que de très nombreuses églises lui furent dédiées.

3 – On remarque que post-mortem saint Geniès d’Arles a eu peu de chance…si l’on peut dire.
A l’époque pst carolingienne on a introduit en Gaule à côté de lui le culte d’un  homonyme, mime ou acteur de Théâtre, qui s’était converti en mimant la scène du Baptême et se déclarant chrétien avait été décapité séance tenante à Milan en 304.
Il a parfois partagé le patronage des églises saint Geniès avec cet homonyme, ce fut le cas au XVIIIe siècle à S. Geniès de Fontédit.
A Narbonne, le patronage de l’église Primatiale lui a été même retiré pour être donné aux saints martyrs espagnols Just et Pasteur au Xe siècle.
Mais la cathédrale de Lodève a résisté et S. Geniès, malgré le prestige tardif de S. Fulcran (mort en 1006) est resté le patron de l’église et du diocèse.
Enfin lors de la canonisation de S. Louis il s’est élégamment poussé d’un cran et sa fête a été déplacée au 26 aout…

Ici on lui a un temps accolé le martyr italien, puis au XIXe siècle vers 1860 il a un peu souffert de la popularité de saint Fulcran, patron de la chapelle rurale dont le culte a été introduit à cette époque.

Mais le Patronage de l’église reste celui de saint Geniès d’Arles, et la paroisse a une relique venue d’Arles sans doute au début du XIXe siècle.

4 – L’iconographie locale est peu éloquente.  Une statue en plâtre du style saint sulpicien était censée le représenter.
En 1999 l’Association Les Amis de Saint Geniès a fait sculpter spécialement et en pierre une statue de st Geniès qui a été placée au-dessus de la fontaine dans la niche vide d’une maison de maitre que la Commune avait acquise.
Cette statue a été bénite en août 1999 par l’abbé Benjamin Time, originaire du Sénégal.
Une photographie de la statue est placée dans l’église.

La fête de S. Geniès a toujours été célébrée le dimanche le plus proche du 25 août, la saint-Fulcran était plus solennelle ou populaire.
Mais en degré liturgique, la fête de saint Geniès est principale.